FISE World Montpellier 2017 : Interview d'Anthony Rocci

Vendredi, mai 19, 2017 - 16:29
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Salut Anthony ! On est sur le chantier du FISE Montpellier 2017 et tu es le shaper ! Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

A.R. : Je m’appelle Anthony Rocci, j’habite à Lyon, j’ai 27 ans et pendant la saison de vtt je m’occupe avec mon équipe de faire les parcours du FISE World Series

Comment tu en es venu à travailler dans la construction de parcours de MTB et comment tu es arrivé au FISE ?

A.R. : Alors tout d’abord mon métier de base c’est conducteur d’engins polyvalent donc je conduis toutes les machines de travaux publics et forcément dans le vtt si tu ne shape pas, tu ne roule pas ! Du coup j’avais des pelleteuses en main donc on a commencé à construire des terrains vers chez nous pour des mecs comme Louis Reboul, Simon Pages, etc. Au fil du temps on a évolué et maintenant ça va faire 8 ans qu’on fait le parcours du FISE à Montpellier. A l’époque, j’ai commencé avec Pierre-Edouard Ferry, la première année, puis il a arrêté et c’est moi qui ai reprit la construction.

Quelle est la différence entre construire une ligne de MTB pour un événement par rapport à un terrain d’entraînement ?

A.R. : Déjà un parcours sur un événement tu es oppressé par le temps parce que forcément il y a une date à laquelle il faut rendre le parcours. En plus de ça il faut qu’il soit roulable par quasiment tout le monde même si parfois il y a 3% des riders qui n’aiment pas, il faut aussi que le parcours soit tricksable jusqu’au bout, assurer la mise en place de bâches sur le spot en cas d'intempéries pour que le spot puisse rouler le lendemain. Après, un spot chez nous, déjà on a plus le temps de le faire, ce qui coûte cher c’est les machines.

 

Du coup vous êtes quatre dans l’équipe pour le MTB et quatre riders ! Est-ce que tu peux nous présenter les autres membres ? Comment est-ce que ça vous aide d’avoir cette double casquette Rider / Shaper ?

A.R. : Alors avec moi j’ai Nico, Jeremy et Mehdi. Mehdi Gani il est 6ème du FMB World Tour et Nico est dans le top 20 il me semble. Ce sont de très bon riders, Nico est très polyvalent, il roule en park, en dirt, en street. Mehdi est plus fort sur des gros contests ou il faut lancer des gros tricks. Du coup c’est cool d’avoir plusieurs visions, moi je sais que ça fait 10 ans que je roule, en DH, en Freeride et en Dirt. Mehdi et Nico ont peut-être une vision plus générale des contests sachant qu’ils roulent toute l’année alors que moi j’ai l’oeil du shape depuis pratiquement 10 ans aussi. Jeremy nous aide beaucoup aussi vu qu’il construit tous les modules en bois ! En plus de ça c’est mieux d’être plusieurs parce que parfois tu t’enterres dans un truc et finalement tu prend un peu de distance en te disant que ça ne va pas aller. Maintenant on sait, on est réglé et c’est plus simple.

Comment es-tu arrivé dans le MTB ? Tu pratiquais un autre sport similaire avant ou ça t’es venu naturellement ?

A.R. : Non j’ai attaqué à 12-13 à faire de la race, après je me suis mit à la DH, j’ai fais les championnats de France, de Rhônes-Alpes et tout. Après on a attaqué le dirt avec Anthony Tomassi sur Lyon, puis il y a eu une émergence avec pleins de riders comme Granieri, on se rassemblait tout le temps. Il y en a d’autres qui se sont greffés après comme Louis Reboul donc on était vraiment une grosse équipe, qui est toujours là d’ailleurs même si il y en a qui font moins de vélo qu’avant. Mais on réussit toujours à se rassembler pour en faire. En plus de ça maintenant il y a Simon, Louis et Mehdi qui en font tous les jours. Moi je bosse plus et eux font vraiment que du vélo.

Les dates de la tournée FISE World Series ont été annoncées à Budapest et cette année il y a du MTB sur toutes les étapes ! Tu seras le Shaper de tous les parcours du coup ?

A.R. : Oui du coup je vais faire le shape de toutes les étapes. Ce ne sont pas toujours des parcours super excitant pour les riders mais on fait avec ! C’est surtout les premières éditions qui sont difficiles parce que les contacts ne sont pas toujours au rendez-vous vu que ce sont des nouvelles villes mais au fil des années c’est de mieux en mieux ! Le terrain est toujours le même mais on réussi à améliorer le parcours et à faire en sorte qu’il soit roulable et tricksable.

Tu apportes des conseils à l’équipe du FISE ?

A.R. : Oui on essaie au maximum, après ça dépend des lieux et du temps que l’on a. Par exemple cette année on en aura un peu moins mais on essaie d’arriver un peu en avance et d’avoir les bons contacts.

 

En tant que shaper et rider, comment est-ce que tu vois l’évolution du MTB Slopestyle en termes de tricks, de parcours, etc. ?

A.R. : Bonne question… L’évolution des parcours, je pense que ce sera toujours de plus en plus gros, par exemple l’année dernière on partait d’un drop de huit mètres de haut, là on part de 14 mètres de haut pour arriver plus vite sur le big air et mieux enchaîner la suite. Mais l’évolution du sport ça va être les figures ! Les parcours ne vont pas vraiment évolué, surtout en ville. Par exemple les BMX Parks peuvent évoluer parce qu’ils pédalent tout le temps donc ils peuvent faire des nouveaux modules. Nous il nous faut de l’élan tout le temps.

Tu as des idées toi de nouveaux modules un peu plus innovants ?

A.R. : Ouai on en a pleins ! Mais il faudrait de la pente quoi. On a souvent pleins d’idées quand on shape mais en règle général à Montpellier on ne pourra pas faire de nouveaux modules. On pourra changer deux-trois trucs, mais du jamais vu c’est plus difficile. Après il y a des parcours comme en Chine l’année dernière qui n’étaient pas trop vu avec le demi-tour sur la structure scénique par exemple ! Sinon après l’évolution ce sera chez les riders, sur les tricks, ils se mettront plus en mode BMX quoi.

Il faudrait faire une étape à la montagne du coup ! Ca permettrait de faire une vraie ligne de slopestyle ?

A.R. : Ouais, c’est sûr que ce serait le pied ! Mais après est-ce qu’il y a besoin que les parcours évoluent ? Peut-être pas ! Tu vois le Snowboard par exemple, les parcours n’évoluent pas trop, ça reste toujours des big airs, des curbs pour faire des grinds. Par contre cette année sur le BMX Park ils ont bien réussi à faire évoluer le truc parce qu'il y a des modules qui sont un peu plus inédits !

Merci à toi Anthony, bon contest et bon courage pour la fin des travaux !

Crédit Photo : Valentin Lecaille
Interview : Valentin Lecaille / Jihan Khadir